Bien que ça ne se soit pas trop mal passé pour lui, à part le séjour à l'hopital, il a été pendant quelques mois privé de son habilitation instructeur.
De ce fait, les élèves pilotes ont gentillement patienté que Jean-Claude se remette de cet incident, et qu'il repasse la visite médicale validant à nouveau ses talents d'instructeur.
C'est chose faite depuis peu, et Jean-Claude plein d'enthousiasme a repris ses instructions aussitôt, tellement ça lui manquait :)
Aujourd'hui, c'était donc ma troisième instruction avec Jean-Claude. Un vol un peu mouvementé comme on le verra plus loin...
Voici le vol complet, vu du dessus dans Google Earth:
Je décolle donc, vers 16h:30. Il y a un planeur au sol, un en vol. La radio de bord n'arrête pas, on dirait que tous les pilotes ont décidé de profiter du magnifique soleil d'aujourd'hui.
Allez, je grimpe à 4000 pieds, cap au 300 direction Cap d'Antifer. Ça secoue un peu vers 4000, je monte à 4100 et là, c'est plus calme. Oh, on est déjà à Antifer! Sécurité, virage à droite direction Fécamp. Etretat est juste sur la droite, superbe.
La mer est calme, les falaises sont magnifiques, le soleil brille, c'est super. La radio se réveille, un appareil privé doit nous croiser dans une minute. Jean-Claude: "Tu le vois ?". Moi : "Ben non, pas vraiment". Jean-Claude : "Faut le trouver, il doit plus être loin de nous!".
Là, je commence à baliser. Il y a comme un film dans ma tête, et des gros titres de journaux me passent devant les yeux...
Notre passager: "Oui, je l'ai, il est là, regardez, juste devant les falaises à 2 heures !"
Je respire. Merci passager, j'ai oublié ton prénom, mais je te ferais une bise si tu n'étais pas sur le siège arrière.
Allez, on est déjà sur Fécamp. Sécurité, virage à droite, cap au 170, direction pont de Tancarville. Bon, ce tronçon est calme, on peut vraiment admirer le paysage, surtout que je redescend vers 1500 pieds. A Tancarville, on distingue nettement le superbe Marais-Vernier où j'aime me balader à pieds.
Je suis au dessus du pont, il est temps de songer à rentrer. Sécurité, virage à droite, direction aéroport St Romain de Colbosc.
Jean-Claude : "Tu la vois la piste ?". Moi : "Ben non, pas vraiment". Je vois rien! Je vois le ciel, l'horizon, mes instruments du tableau de bord, tout ça je vois, mais distinguer de petites choses au sol, là j'arrive pas encore.
Jean-Claude : "Sécurité, virage à gauche, on fait un tour de piste". Bon, je m'exécute, mais la piste, que nenni, je la vois toujours pas!
Jean-Claude : "Alignement avec la piste". Oh, ça y-est, je la vois la piste, elle est sur ma gauche!
Sécurité, grand virage à gauche, je longe à nouveau la piste sur ma gauche. Virage à gauche, re-virage à gauche, je m'aligne sur la piste. Youpieeee, je suis bien aligné, ça va être un atterrissage super!
La radio : "Planeur en finale pour la piste 6". Jean-Claude : "Où il est ?". Le passager :"Je l'vois pas, je l'vois pas". C'est à partir de ce moment là que j'ai commencé à ne plus suivre grand chose, et que mon cœur a commencé à s'emballer un peu.
Le passager : "Hé, on a un Cessna à 9 heures !". Jean-Claude : "Et le planeur, tu le vois ?". Le passager : "Non!". Mon coeur : "BOOM, BOOM, BOOM!!!". Jean-Claude : "Ça y-est, je l'ai. Sécurité, je dégage". Un, deux, trois,en quelques secondes, Jean-Claude a repris les commandes et nous a dégagé sur la droite par un beau virage à 90°. Jean-Claude : "Remets des gaz, remets des gaz". Je remets à 2100 tours, on reprend un peu d'altitude. Le planeur nous passe dans le dos et atterri. Sécurité, virage à gauche à 180°, virage à droite, je m'aligne piste 6, annonce sur la radio que je suis en finale. Et là, on revoit le Cessna qui remet les gaz une deuxième fois. Je suis un peu dépassé, c'est Jean-Claude qui atterrit, et je ne reprend les commandes que pour la phase au sol.
Pfffffffff, c'était chaud.... Que de monde dans le ciel! Sur route, tu regardes devant, tu regardes derrière, un peu sur les cotés, et t'es pénard. En vol, c'est sur 360° qu'il faut regarder, car il n'y a pas de route (du moins pour les petits avions de tourisme en local). En plus, faut regarder au dessus et en dessous! Je dois dire qu'après 3 vols, je suis loin loin de "gérer", mais ça progresse.
Merci Jean-Claude !
Allez, quelques images du vol en 3D, de la piste de St Romain et du profil du vol:
Et le fichier GPX pour ceux que ça intéresse.
3 commentaires:
Nous fais pas un crash aérien...j'ai pu beaucoup de vacances à prendre si quelque chose t'arrive!!!!
Tu devrais prendre des photos la prochaine fois...
roh la c etait chaud mais j'ai pas vraiment compris quelqu'un c'est poser sur la piste alors que c etait a toi de te poser. ou alors vous aviez oublier de dire que vous etiez pres a atterire et donc du coup l autre aviont a voulut ce poser, et vous avez du reprendre les airs??? grrrr fait gaffe papa.
J'aimerais bien venir avec toi un de ses Quatres pour te voir volé dans l avions a toi Gros bisous
Non, on s'était bien annoncé, mais c'était un planeur qui arrivait en finale.
Un planeur, il a pas de moteur, donc quand il arrive en finale pour atterrir, il est prioritaire sur les avions à moteur.
Donc on était devant, mais comme il s'est annoncé en finale, on s'est poussé très vite...
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